À L’Étang-Salé, les contrats aidés en chute de 95 % : la continuité du service public communal « plus garantie »
Après une réunion avec le préfet ce mardi, les élus réunionnais ont formé un front commun face à la réduction drastique des contrats aidés. À L’Étang-Salé, la commune anticipe une chute de plus de 95 % de ses Parcours emploi compétences (PEC), entraînant des répercussions directes sur les écoles et les services à la population.
La décision de l’État de diminuer fortement le nombre de contrats aidés à La Réunion suscite une vive inquiétude parmi les élus locaux. Réunis à la préfecture, les 24 maires de l’île et les présidents d’intercommunalités ont été informés d’une baisse significative des PEC, entraînant une réaction collective immédiate.
Selon les éléments présentés, le volume global de contrats passerait d’environ 10 000 en 2025 à 4 000 en 2026, soit une diminution de 60 %. Parmi ces contrats, seuls 800 seraient réservés aux communes et intercommunalités, pourtant en première ligne dans la mise en œuvre des politiques publiques de proximité.
Une chute de 95 % à L’Étang-Salé
L’impact est particulièrement marqué à L’Étang-Salé, qui bénéficiait jusqu’ici de 120 contrats PEC par an. Le maire, Mathieu Hoarau, indique que ce nombre pourrait être réduit à une poignée de postes. Parmi ces emplois, 77 sont directement affectés au fonctionnement des écoles et du périscolaire. Leur disparition remet en cause l’organisation même de la rentrée scolaire 2026.
La commune soulève des questions cruciales pour la prochaine rentrée : faudra-t-il redéployer les ATSEM ? Réduire, voire supprimer le périscolaire ? Remettre en cause la restauration scolaire ? Ces services, bien que juridiquement facultatifs, sont devenus indispensables à la vie quotidienne des familles.
Des services publics fragilisés
Les contrats aidés jouent un rôle central dans le fonctionnement quotidien des collectivités. Accueil des enfants, restauration scolaire, entretien des espaces publics : ces missions reposent en grande partie sur ces dispositifs. Le maire alerte sur l’impossibilité de maintenir ces services dans les conditions actuelles, affirmant que « la continuité du service public communal ne pourra plus être garantie ».
Un contexte déjà dégradé
Cette réduction intervient dans un contexte économique tendu, marqué par l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie et des carburants, et la baisse du pouvoir d’achat. Le désengagement financier de l’État, désormais limité à 40 % du financement des contrats, renforce la précarité des dispositifs.
Les élus réunionnais entendent faire bloc face à cette situation. Un appel à la solidarité et à l’unité a été lancé pour peser collectivement sur cette décision, demandant une réévaluation immédiate des quotas dans un dialogue avec l’État.
Au-delà des chiffres, les élus mettent en avant un risque de déstabilisation durable du fonctionnement des communes et un affaiblissement des dispositifs d’insertion vers l’emploi.
Source : Zinfos974





